06 nov

La créatrice…

-Comment est née cette vocation ?

Laetitia Cohen Skalli : J’ai toujours été sensible à l’art et à la création.
Petite fille, rien ne m’amusait plus que de fabriquer des bijoux, des bracelets tressés, avec tout ce que je pouvais trouver. Au cours de mes études d’arts, des enseignants passionnés, m’ont permis de structurer mes envies, de faire de mes idées des concepts, de pousser plus loin mes réflexions, de ne pas aller vers la facilité…
c’est ainsi, que je suis devenue designer.

-Quel est ton parcours ?

LCS : J’ai eu un parcours tout à fait classique jusqu’à la Première.
 Pour mon année de Terminale, j’ai décidé d’aller passer mon baccalauréat dans une école française à Jérusalem. Mon Bac ES en poche, je suis revenue à Paris. Bien que ma sensibilité créative ne m’ait pas quitté, je ne parvenais pas à prendre une décision et à franchir le pas. C’est une année à l’Université de la Sorbonne en science économique qui m’a permis de me décider et d’aller enfin vers ce qui me faisait rêver : l’expression graphique, le dessin, le design ! Dès lors, je me suis jetée à corps perdu dans mes études d’art . Je vivais enfin en accord avec ma sensibilité. J’ai fait toutes mes études en contrat de qualification (ndlr : études durant lesquelles l’étudiant alterne entre son école et une entreprise où il est salarié).
 Dans un premier temps, j’ai étudié pendant 3 ans à l’école MJM Art School tout en travaillant dans le secteur de la mode grace à ce  système des études en alternance. J’y ai étudié le dessin traditionnel (modèle vivant, perspective, illustration…) et le design. Mon certificat en poche, j’ai décidé de me perfectionner. j’ai choisi d’entrer à l’école CREAPOLE-ESDI afin de passer mon master (en 3 ans). Mais, il me fallait une entreprise. J’ai donc passé un concours pour un recrutement dans une agence de communication spécialisée dans le secteur des arts du spectacle et de l’événementiel.
 J’ai remporté le concours, mon rêve se réalisait. Cette agence, m’a permis de travailler sur de magnifiques projets, très médiatisés. Au contact de directeurs artistiques extrêmement talentueux et perfectionnistes, j’ai acquis un savoir technique ainsi que la passion du travail précis et méticuleux. Sous la direction de Philippe Jacquin, Bill L. ou Laurent P. chacun d’eux me fixant des objectifs toujours plus ambitieux, je suis parvenue à une plus grande créativité avec un souci permanent d’efficacité.
En parallèle, je continuais mes études de Master en design communication visuelle à CREAPOLE-ESDI épaulée par ma directrice de département Frédérique BARDOULAT. Cette dernière a été une de mes références lors de cette ma dernière ligne droite qu’est le Master et aussi lors des débuts de RedLine…

-Comment est né le « concept » RedLine ?

LCS : La naissance du concept RedLine est le résultat d’un parcours complexe pour lequel j’ai puisé dans mes 6 années d’études, dans mes expériences professionnelles pendant mon alternance, et dans mon voyage à Jérusalem…
À Jérusalem, lorsque l’on se rend sur le Mur des Lamentations, il n’est pas rare de faire un don aux nécessiteux. En échange, ces personnes vous nouent autour du poignée un fil rouge*. La croyance veut que lorsqu’il casse, le vœu que vous avez formulé lorsqu’on vous l’a noué, se réalise. Plus tard, lorsque je travaillais à l’agence, j’ai revu fréquemment ces fils rouges attachés autour des poignées de nombreuses stars, d’artistes… L’alliance de l’espoir et du chic.
Je découvrais le milieu des Stars, du strass et des paillettes…
Arrivée à l’étape décisive du Master, je devais proposer un projet personnel, c’est tout naturellement que l’idée d’un diamant sur un fil rouge m’est venue. Puis, accompagnée par Frédérique BARDOULAT, cette idée est devenue le concept RedLine.

* Ndlr : Selon la légende, c’est sur le tombeau à Bethléem
sur le chemin de l’Efrat, lieu célèbre de pèlerinage,
qu’un Fil Rouge eut été trouvé jadis. Protégeant du mauvais œil,
ce fil à la couleur de la vie et de l’amour donnerait à l’âme
cette volonté profonde permettant d’œuvrer en faveur d’un bien-être
personnel. Il est l’élément de ralliement entre le ciel et la terre.

-Les premiers pas de RedLine… le souvenir le plus fort ?

LCS : Le lendemain de l’obtention de mon Master, portée par mon optimisme, je frappais aux portes de potentiels acheteurs des grands magasins parisiens. Je n’avais que mon projet d’étude et mes dessins. De la pure folie quand j’y repense ! Et pourtant, tous sans exception ont validé mon projet, RedLine s’est mis à exister en dehors de l’école, en dehors de mon imaginaire… à tel point que certaines grandes enseignes parisiennes (Le Printemps et les Galeries Lafayette) me demandaient l’exclusivité de RedLine. En sortant, j’étais sur un nuage, c’est une émotion inexplicable. Ce sentiment a propulsé mon projet vers le haut, il a alimenté ce rêve qui devenait réalité… ce souvenir reste à jamais gravé dans ma mémoire !

-Comment crées-tu tes bijoux ? Qu’est-ce qui t’inspire ? Quel est ton rapport avec la mode ? Fais-tu attention aux tendances ou essaies-tu de t’en démarquer ?

LCS : Je suis restée très intuitive, bien entendu, il m’arrive de suivre les tendances, j’aime la mode et je m’en inspire, cependant, je puise surtout dans « l’air du temps ». RedLine est un symbole, nos bijoux sont chargés de sens et de croyance, mes créations sont résolument instinctives. Je continue à dessiner mes modèles de manière traditionnelle puis je les modélise via l’outil informatique, mais le processus le plus long reste la maturation, la création, la naissance de la nouvelle pièce.

-En trois mots, comment définirais-tu le style RedLine ? Quels sont tes exigences ?

LCS : Subtil, porteur de sens et précieux. Depuis le début, nos exigences en terme de qualité produit sont drastiques. Tout est soigné, méticuleux, nous avons la culture du détail : les pierres sont sélectionnées et triées manuellement, une à une. La fabrication est artisanale, réalisée par les plus grands joailliers avec une grande rigueur. Le moindre défaut et tout est à refaire. J’ai souhaité avoir au sein de RedLine une équipe spécialisée afin de pouvoir maîtriser la fabrication et satisfaire nos clients avec des bijoux « Haute Couture ». Les bijoux RedLine sont des bijoux « sur mesure ».
Nous avons la même exigence éthique : localisation de la production. Protection de la dignité humaine : nos diamants sont achetés sous certification, l’extraction des pierres est faite dans la dignité, par des adultes, non exploités, rémunérés convenablement.
J’en profite pour saluer ma talentueuse équipe qui s’occupe de la fabrication et qui me suit depuis le début. Je suis fière d’eux et je tiens à les remercier :  Roxanne, Ringo, Roméo , Romain et Mister Renardo.

-Les RedLiners, tu les définirais comment ?

LCS : Notre clientèle est vraiment éclectique, tous âges confondus. C’est surtout un public averti, tendance et exigent, qui aime les belles choses, les belles finitions, aux connaissances aiguisées et qui aime innover. C’est plus un public qui lance la mode plus qu’il ne la suit. Les RedLiners sont souvent des artistes ou des personnes avec un potentiel créatif très présent. Je pense que RedLine leur convient bien, ce sont des bijoux modulables, personnalisables (ndlr : on peut réaliser son propre assemblage), ce sont des bijoux qui appellent et stimulent la créativité.

-Y a t-il des créations dont tu es plus fière ? Et pourquoi ?

LCS : Question difficile ! Je suis fière de toutes nos créations sans exception. Chaque modèle marque une période, une étape dans la vie de RedLine.
J’ai un attachement tout particulier pour « Pure » qui est le tout premier bijou RedLine.
« Illusion » continue de me fasciner. Il est très visuel, particulièrement reconnaissable. D’ailleurs, c’est un bijou que je qualifierais de « métaphorique » : de loin, c’est un diamant sur un fil, de près, ce sont 7 diamants que l’on peut regarder pendant des heures, c’est une fleur, un kaléidoscope de couleurs… De plus, son prix est vraiment abordable.
« Le Double » qui est pour moi la preuve que des éléments très diffèrents, des caractères, des personnalités (ndlr : ici, un fil et une chaine en or) peuvent s’unir merveilleusement et faire naitre de leur contraste un symbole d’une grande force.
Et j’avoue un coup de cœur spécial pour « Invader », la tête de petit robot dont Colette a eu l’exclusivité. J’ai toujours l’impression d’avoir mon meilleur ami avec moi, j’adore ce côté « Best Friend » rassurant, il est très graphique et ce côté « very design » ne gâche rien.

-Ton RedLine de tous les jours, c’est lequel ? Pour une soirée ? Ton chouchou de la dernière collection ?

LCS : Je porte quotidiennement le « Love Link », je l’ai créé en l’honneur du Sidaction, c’est une lutte très importante pour moi, c’est le plus « utile » de mes bijoux.
Pour le soir, j’aime la parure « So VIP », elle fait toujours grand effet mais n’est jamais vulgaire. La subtilité, c’est la marque de la maison.
Et mon Choucou du moment, c’est notre Must Have de l’hiver : Kouka. J’ai pris tellement de plaisir à la créer, je ne m’en lasse pas.

-Si tu devais faire un voeu, quel serait-il ?

LCS : Bien sûr que RedLine continue à plaire et à surprendre, mais cela ne tient qu’à moi. Je souhaite surtout que le sens profond de chaque bijou puisse accompagner la personne qui le possède. Réinjecter du sens dans ce monde est ce qui me m’importe le plus.

Les commentaires sont fermés.
Rss Feed Tweeter button Facebook button Technorati button Reddit button Myspace button Linkedin button Webonews button Delicious button Digg button Flickr button Stumbleupon button Newsvine button Youtube button